A l'heure de l'intelligence artificielle, le risque est immense lorsque la raison se coupe de l’humain en refoulant l’émotion jusqu’à devenir insensibilité.
Avec la parallèlisation des mondes, un cap est franchi. Celui de l’abandon de la volonté de vivre dans un monde commun et d’habiter ensemble, celui du refus de la reconnaissance de nos dépendances et interdépendances, celui d’un abandon de l’idée même du politique comme effort vers l’unité, celui de l’abandon des valeurs. C’est un autre projet que nous commençons tout juste à appréhender concrètement qui brise le rêve d’un monde humain commun, unis dans une même destinée et histoire, pour celui d’une « marche en avant » en tunnel dans des logiques qui ne cherchent plus la négociation, la composition, la relation, le croisement, le contact.
Poser la question de la représentativité réclame de se détourner au préalable de la lecture strictement politique et sociale pour la ramener à celle de l’attitude personnelle et du comportement. Pourquoi devrions-nous l’aborder sous l’angle de la psychologie personnelle et de la relation alors qu’ordinairement elle est appréhendée sous l’angle de la fonction ou du mandat reçu ?
La vulnérabilité, c'est savoir tirer les leçons de ses expériences passées de fragilité pour orienter autrement ses choix de vie en ayant encore une vraie réserve d’énergie devant soi.